Marcel Proust à Beg-Meil

Succès !
Sans éditeur, ni réseau,
seulement 6 points de vente
et déjà 2000 lecteurs
grâce au bouche-à-oreille.
Merci à toutes et à tous !

 

 

Prochaines séances de dédicaces

 

Salon Le Cri Du Livre à Fouesnant

vendredi 19 juillet 2019 de 10h à 13h,
centre ville de Fouesnant (rue de Cornouaille)
Cette manifestation est un salon des auteurs Cornouaillais qui réunit environ une quinzaine d'écrivains ou d'artistes d'horizons différents (animé par Mark Gléonec et Louis Bertholom). Les auteurs viennent s'exprimer au micro en expliquant leur démarche et en lisant des extraits de leurs œuvres qu'ils dédicacent ensuite au public.

 

La Note Bleue

à Beg-Meil, 39 rue des Glénan
(date communiquée prochainement)

 

 

288 pages (dont 71 pages couleur)

Format : 14,8 X 21 cm (A5)
ISBN : 978-2-9557197-7-0

Nouvelle édition : 20 mai 2019

Prix : 19 euros

Livre imprimé de façon responsable, issu de forêts gérées durablement et de sources contrôlées (FSC®).

 

 

À propos du livre :

 

Belle découverte littéraire et patrimoniale. Stéphane Bern, journaliste, écrivain, animateur de radio, présentateur de télévision, producteur.

 

Bravo à Philippe Dupont-Mouchet pour avoir rendu à “l'amateurisme” ses lettres de noblesse. Aimer, partager et faire œuvre utile: le programme d'un livre unique en son genre. Ce travail d'éditeur et d'auteur – par sa science et sa sincérité – doit être soutenu. Nous on aime ! Julien Viteau, libraire à Paris.

 

Un voyage poétique à Beg-Meil, en compagnie de Marcel Proust […]. Un vrai coup de cœur ! Solène Tydou, libraire à Quimper.

 

Le long séjour à Beg-Meil que Marcel Proust fit en compagnie de Reynaldo Hahn, à l’automne 1895, constitue une enclave inattendue dans la vie policée de ces deux citadins, peu habitués à un mode de vie véritablement campagnard. […] il y eut pour eux un miracle Beg-Meil, dû au microclimat du pays de Fouesnant, où les pommiers côtoient la mer, où la qualité de la lumière est singulière et le coucher du soleil incandescent, où l’odeur des fruits se mêle à celle des algues et des eaux. […] C’est à la recherche de ce temps d’arrêt poétique entre l’écrivain et le musicien que nous convie Philippe Dupont-Mouchet, guide attentif de leur mémoire partagée. Philippe Blay, Conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France.

 

Ce séjour de Marcel Proust à Beg-Meil me “voyage” vers ma propre enfance pas très loin de là, à Bénodet. Ce que tous ses sens ont ressenti résonne dans mon esprit au cœur de mes propres nostalgies. […] Quel pays magnifique décrit-il, quelle paix retrouvée à l’ombre des pommiers au chevet de la mer. Les parfums, la bienveillance et ce temps qui s’arrête pour mieux vous habiter. […] Ce témoignage sur le séjour de Marcel Proust à Beg-Meil est un bel hommage à cet “ici” qui est le nôtre. Dan Ar Braz, guitariste auteur-compositeur-interprète.

 

Inédit : toute l’histoire enfin révélée.

 

«Un pays enchanteur… terre de beauté… mélange de poésie et de sensualité… la plus noble et douce et délicieuse chose que je connaisse… j’adore Beg-Meil… où il est exquis de vivre.» Marcel Proust.

 

Depuis l’enfance, une description de Proust me sied parfaitement, je suis «de ces gens qui parlent sans cesse d’un endroit où ils passent ce qui se trouve être le meilleur de leur vie, qu’ils disent le plus beau pays qu’ils connaissent». Cet endroit, c’est Beg-Meil, village du pays de Fouesnant dans le Finistère Sud (région de Quimper).

 


Philippe Dupont-Mouchet, l’auteur.

 

Beg-Meil, été et automne 1895. Marcel Proust et son ami, le compositeur et chef d’orchestre Reynaldo Hahn firent un long séjour à Beg-Meil (du 8 septembre au 27 octobre). Aucun témoignage n’est parvenu jusqu’à nous, car à cette époque les bretonnants écrivent peu, comme Proust nous l’indique : «je suis dans un pays où il n’y a pas de papier. Cela s’appelle Beg-Meil,» «Hélas on n’a pas de plaisir à écrire ici».

 

Les nombreuses biographies survolent ce séjour Begmeillois en quelques pages et l’abordent essentiellement en reproduisant des pages du roman Jean Santeuil (commencé à Beg-Meil, première esquisse de À la recherche du temps perdu). Pendant plus d’un siècle, aucun récit complet n’a vu le jour.

 

Le livre Marcel Proust à Beg-Meil comble enfin cette lacune : l’histoire reprend corps par un enchâssement de la correspondance de Marcel Proust et de Reynaldo Hahn dans des fragments du roman et par une enquête minutieuse à travers de nombreux documents (manuscrits, photographies, documents rares ou inédits). C’est un témoignage véridique, ponctué d’évocations pittoresques de Beg-Meil par la plume de Proust lui-même !

 

Véridique : les faits, rien que les faits. Soucieux de présenter un document sincère, mes annotations et textes de liaison sont limités au strict nécessaire, laissant toute la place aux références documentaires ou aux citations et en prenant soin d’écarter les descriptions qui ont un caractère trop universel. L’œuvre de Proust n’est citée que lorsque celle-ci est en relation avec sa correspondance ou avec ses notes. Ce document est factuel, sont exclus les ego-documents, les interprétations et les informations non vérifiables.

 

En complément du récit : un chapitre Marcel Proust et Reynaldo Hahn, une magnifique amitié permettant de comprendre la familiarité la plus fraternelle et la plus tendre liant Marcel Proust à Reynaldo Hahn qui occupe une place primordiale dans la vie de Proust, ainsi qu’un chapitre promenade sur les pas de Marcel Proust pour suivre les indications d’un parcours de plusieurs kilomètres.

 

Quelques mots de Marcel Proust à propos de Beg-Meil :

 

Proust écrit ses impressions sur les paysages : «Beg-Meil, les pommiers y descendent jusqu’à la mer et l’odeur du cidre se mêle à celle des goémons. Ce mélange de poésie et de sensualité est assez à ma dose». «je suis maintenant à Beg-Meil. Lieux charmants où les pommes mûrissent presque sur les rochers». «À cinquante mètres du sémaphore, c'est-à-dire de l’extrémité de la presqu’île, les pommiers cessent. Le sol, déjà couvert du sable de la grève voisine et d’une herbe courte, étouffe le bruit des pas. Partout des fougères et des chardons brulés par le soleil… Le sémaphore de Beg-Meil est situé à l’extrémité de cette presqu’île et regarde à gauche de la baie de Concarneau [baie de La Forêt] qui la baigne à l’ouest, en face de lui et à droite de l’océan qui la baigne à l’est, “la grande mer” comme on dit là-bas par opposition à la baie, mais dont les îles Glénan qu’on voit du sémaphore ont brisé la force et dont l’eau vient mourir là presque aussi douce que l’eau dormante de la baie.»

 

Reynaldo Hahn écrit : «Beg-Meil est le seul endroit qui me plaise vraiment de tous ceux que j’ai vus en Bretagne. […] nous avons vu ici des couchers de soleils prodigieux et bien d’autres merveilles. Mais ici seulement, où nous sommes venus par hasard !»

 

Au cours des années, Proust pense à Beg-Meil. 1903 : «Beg-Meil est un clos de pommiers dévalant jusque dans la baie de Concarneau qui est la plus noble et douce et délicieuse chose que je connaisse.» 1904 : «J’adore Beg-Meil […] où il est exquis de vivre.» 1912 : «Il est vaguement question que je loue en septembre une maison dans le petit Beg-Meil». Il veut revoir Beg-Meil : «il faudrait qu’avant cinq minutes je puisse y être. […] une sorte de pays enchanté». 1914 : «Ces endroits paisibles ne sont pas accessibles aux gens comme moi qui ne peuvent faire de longs trajets en chemin de fer. […] Comme j’aimerais y retourner ! Peut-être un jour, si je vais mieux… Et je vous emmènerai. Je voudrais absolument que vous voyiez cela.»

 

Post-scriptum / Ce que vous ne trouverez pas dans le livre (ce qui n’est pas véridique, ce qui est faux) :

 

Depuis la parution de Marcel Proust à Beg-Meil, j’ai l’occasion d’échanger avec les lecteurs et je constate que certaines légendes sont bien ancrées dans la mémoire collective. Un long cheminement de plus de 100 ans transforme la parole «de source sure» en vérité historique (ego-documents). Ce qui parvient jusqu’à nous peut se révéler anachronique, travesti ou inventé. Pire, depuis plusieurs décennies certaines allégations sont reproduites par des articles, biographies ou sites Internet.

 

À Belle-Île du 5 au 7 septembre 1895, Marcel Proust et Reynaldo Hahn ne séjournent pas chez Sarah Bernhard : celle-ci commence à résider à Belle-Île en 1896, au terme des travaux de réhabilitation du fortin de la Pointe des Poulains. Marcel Proust et Reynaldo Hahn séjournent à l’auberge des Adrets.

 

Marcel Proust et Reynaldo Hahn n’arrivent pas à Beg-Meil en compagnie de Sarah Bernhardt : pour les raisons évoquées ci-dessus.

 

Marcel Proust et Reynaldo Hahn ne séjournent pas chez la famille Parker : il s’agit d’une association erronée. Lorsque Marcel Proust et Reynaldo Hahn descendent à l’Hôtel Fermon, les sept chambres sont toutes occupées. Alors, de façon temporaire, Yves Fermon les loge dans l’Hôtel de la Plage tenu par Pierre Rousseau (propriétaire en 1895). Quelques années plus tard, Pierre Rousseau cède cet hôtel à son gendre, Alexandre Parker (son nom est lié à l’hôtel pour la première fois le 24 juillet 1901, dans les statuts de la Société de navigation de Beg-Meil).

 

Le nom du propriétaire du Grand Hôtel connu par Proust en 1895 n’est pas –exactement– Fermont : l’orthographe correcte est Fermon. De 1866 à 1880, le nom de famille s’orthographie Fermont. Des actes notariés font apparaitre que depuis 1881 le nom usuel est Fermon (1886 pour l’hôtel). Cette orthographe est attestée par deux documents photographiques visibles dans le livre (photographie de la plaque de l’hôtel et un courrier adressé à Marcel Proust le 10 octobre 1895).

 

En 1895, Marcel Proust et Reynaldo Hahn ne séjournent pas à l’Hôtel des Dunes : cet hôtel est fondé trois ans plus tard.

 

Marcel Proust et Reynaldo Hahn ne séjournent pas dans une maison de la ferme de Kerengrimen : il s’agit d’une association erronée. Marcel Proust connait ce lieu par un ami de ses parents, André Bénac. C’est dans cette ferme que Proust situe les premières lignes de la préface de son roman Jean Santeuil. Par ailleurs, le peintre Thomas-Alexander Harrisson fréquenté par Proust y loue un atelier en planches (il loge lui aussi à l’Hôtel Fermon).

 

Marcel Proust et Reynaldo Hahn ne séjournent pas dans la villa Ker-Ar-Menec’h : il s’agit d’une association erronée. Le nom de Marcel Proust est associé –indirectement– à ce lieu car, au cours de ses recherches menées en 1956, Philip Kolb y rencontre Andrée Caudrelier (fille du propriétaire de la ferme de Kerengrimen, André Bénac).

 

Au sujet de Philip Kolb (dont le nom est cité ci-dessus) :

Universitaire américain, grand spécialiste de la correspondance de Marcel Proust. En 1956, peu de temps après la découverte et la publication de Jean Santeuil, Philip Kolb se rend à Beg-Meil avec l’espoir d’obtenir des informations sur le séjour de Marcel Proust et Reynaldo Hahn. À la villa Ker-Ar-Menec’h, il rencontre Andrée Caudrelier (fille du propriétaire de la ferme de Kerengrimen, André Bénac). À l’Hôtel de la Plage, il rencontre Jos Parker alors propriétaire de l’hôtel. Étrangement, Philip Kolb ne rencontre pas les propriétaires du Grand Hôtel (anciennement Hôtel Fermon). L’absence de témoin direct, l’absence d’information, le seul document trouvé à l’époque (registre de l’hôtel) ne lui permettant pas de réaliser un récit complet sur le séjour, Philip Kolb concentre son travail sur le processus créatif du roman Jean Santeuil par l’étude des feuillets manuscrits et fragments ayant servi à l’assemblage du roman. Cette étude sur les étapes de la rédaction Historique du premier roman de Proust est publiée en 1963 (Saggi e ricerche di letteratura francese, volume 4, Philip Kolb : Historique du premier roman de Proust, pages 215-277 - Universita di Pisa / Bottega d’Erasmo, Torino - 1963).

 

Marcel Proust et Reynaldo Hahn, une magnifique amitié :

 

Marcel Proust à Beg-Meil permet de comprendre l’affection qui lie Marcel Proust et Reynaldo Hahn. Proust rencontre ce compositeur et chef d’orchestre en 1894. L’admiration est immédiate, Proust dit de Hahn : «la plus enchanteresse voix que j'aie jamais entendue.» et Hahn dit de Proust : «un garçon charmant, un littérateur qui, stupéfait de voir un musicien sachant parler littérature […] m’a pris en grande tendresse». «il me fait assister perpétuellement au rayonnement d'une intelligence incomparable et d'un cœur d'or.»

 

Marcel et Reynaldo vivent une passion qui atteint son sommet en 1895. Au retour de Beg-Meil, Proust déclare ses sentiments à Hahn : «Mon cher petit, J'accepte tout puisque c'est pour vous le rendre, et cette partie de ma vie intérieure que je vous donne – et qu'avant de vous la donner je vous devais – si je puis croire qu'elle vaut quelque chose, je me réjouis deux fois. Je voudrais être maître de tout ce que vous pouvez désirer sur la terre pour pouvoir vous l'apporter – auteur de tout ce que vous admirez dans l'art pour pouvoir vous le dédier.» «Tu es bien gentil et je t'aime infiniment.» Dès lors, Hahn occupe une place primordiale dans la vie de Proust : «vous vraiment la personne qu’avec Maman j’aime le mieux au monde.» «Ô mon petit Reynaldo, ô ma grande affection dans la vie».

 

Leur lien intime permet à Hahn de se rendre chez Proust sans devoir se faire annoncer, il est le seul, comme l’explique Proust en 1910 : «Je ne laisse entrer personne, pas même mon médecin. Le seul être que je vois quelquefois est Reynaldo parce qu'il vient constamment à des heures indues, qu'une fois sur six j'ai fini ma fumigation et cette fois-là le laisse entrer, parce qu'il est si habitué à mon mal, reçoit mes réponses à ses questions, sur un petit papier si je ne peux parler». En 1911, nous découvrons que la tendresse de Proust pour son fidèle compagnon va jusqu’au transfert : «je ne peux pas dire que je pense souvent à toi, car tu es installé dans mon âme comme une de ses couches superposées et je ne peux pas regarder du dedans au-dehors ni recevoir une impression du dehors au-dedans, sans que cela ne traverse mon Binchnibuls [Hahn] intérieur devenu translucide et poreux.» En 1912, Proust déclare à Hahn : «je n’aime que vous.» Il lui propose de vivre avec lui : «Est-ce que tu ne conviens pas que nous achetions un hôtel historique où tu représenterais dans un étage et moi l'autre».

 

En 1922, quelques jours avant la mort de Proust, Hahn lui écrit : «mon ami le plus cher, […] une des personnes que j’aurai le plus aimées dans ma vie.» Le 18 novembre 1922, le soir de la mort de Proust, Hahn reste près de lui, il suit son agonie. Il passe la nuit près de la dépouille de l’écrivain, puis le veille pendant trois jours avant les obsèques.

 

En avril 1945, malade, Reynaldo Hahn utilise sa dernière contribution au Figaro pour rendre hommage à Marcel Proust : «Des critiques de grande intelligence et de grand savoir ont analysé avec perspicacité l’œuvre, le génie et l’âme de Marcel Proust, et il y a dans leurs écrits beaucoup à retenir. Mais certains phénomènes de cette personnalité probablement unique ne seront expliqués que lorsqu’il nous sera donné de pénétrer plus avant dans les mystères du monde inconnu qui nous entoure – qui nous régit peut-être – de ce monde qui, en dépit de lueurs et d’éclaircies de plus en plus fréquentes, nous demeure encore fermé, et auquel Marcel appartenait bien plus qu’à notre monde visible, palpable et accessible aux investigations de la connaissance humaine.»

 

«Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur, elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries.» Marcel Proust.


© Philippe Dupont-Mouchet, 2019

 

 

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